Il y a aussi ceux pour qui les santons ont permis de proposer au plus grand nombre la réplique des crèches luxueuses réservées jusqu'alors aux seigneurs. Il y a encore les historiens de la culture provençale décrivant les santons comme fidèle reproduction des personnages des pastorales du XIXe siècle. Mais pour tous, le santon est d'abord marseillais*. Il doit tout à ses créateurs et à la ferveur populaire. Son histoire se prolongera tant que les hommes nourriront cette passion de mettre en scène des personnages intemporels et mythiques (symbole du rêve et du mystère), mais aussi des personnages ancrés dans la réalité (symbole de la vie quotidienne).
* Nous vous renvoyons à l'ouvrage de référence de Régis Bertrand : "Crèches et Santons de Provence" édition A.Barthélemy 1992, Avignon. Il s'agit d'un travail d'historien sur les faits avérés de l'histoire du santon (et sur ses zones d'ombre) depuis ses origines, d'une chronologie extrèmement documentée sur ses différents acteurs et d'une considération esthétique sur l'art santonnier, ses inspirations et ses influences.
Régis Bertrand est professeur d'histoire moderne à l'Université de Provence (Aix-Marseille I).Quelques repères historiquesXIIIe siècle
Première mise en scène d'une crèche vivante par Saint François d'Assise au cours d'une messe dans la forêt des Abruzzes (Italie - 1224).XVIIe siècle
Un capucin de Marseille, bon sculpteur, copie les personnages de la crèche de son couvent en petite dimension à l'usage du peuple.XIXe siècle
Apparition des premiers maîtres santonniers de Provence. Ils empruntent leurs personnages à la vie quotidienne.
1803 : A Marseille, capitale santonnière, la 1ère Foire aux Santons & aux Crèches a lieu sur le Cours Belsunce
1808 : 1ère vente de santons sur le cours Saint-Louis
1853 : Foire aux santons boulevard du Muy
1883 : La foire s'installe aux allées Meilhan
Depuis 1897 : La foire est annuelle. De nos jours elle se tient toujours en décembre, sur la Canebière.XXIe siècle
2003 : 200ème édition de la FoireLa boutique
Un grand voyage initiatique : celui de Saturnin Muge qui n’est autre que le Ravi de son village. De Marseille à Saint-Tropez, investi d’une mission délicate, notre héros va parcourir la Provence. Son voyage lui fait rencontrer une multitude de personnages haut en couleurs qui ouvriront son esprit et apaiseront son cœur.Ce roman est également une nouvelle Pastorale, en référence à la Pastorale Maurel, fondatrice de la crèche provençale dans la mesure où son auteur en a campé, dès 1870, les caractères principaux (Bartoumieu, Pistachié, le Remouleur, etc.) L’auteur de ce voyage, Paul Trabuc (Félibre à l'image de notre nouveau santon), a écrit cette histoire à la demande des Ateliers Marcel Carbonel et met en scène un grand nombre des santons créés par Marcel Carbonel.
Illustrations en fin de livre avec liste et noms des personnages par ordre d’apparition au sein du roman ainsi que la carte du voyage effectuée par notre sympathique personnage.
le Félibre
Celui-ci vient pour la toute première fois rejoindre les personnages de la crèche provençale dont il devient à la fois le conteur (voire le démiurge) et l’acteur...A l’occasion de la promotion du “Voyage de Saturnin Muge”, le félibre se présente comme étant l’auteur tout trouvé du fameux roman. Il y a mis sa poésie, son imagination, son amour du petit peuple local, haut en couleurs, que l’on rencontre dans notre pays de Provence.
Au cours de ses voyages, ou en imagination, il a sans doute vécu maints passages de l’aventure de son dernier héros, Saturnin Muge.
Nota :
Notre “Félibre” n’est pas Frédéric Mistral.
Marcel Carbonel n’a jamais voulu “santonnifier” une personnalité précise ; c’est dans cet esprit que nous avons représenté un personnage universel.
de la Sainte Barbe
C'est le moment de commencer la crèche. On met ce jour là des grains de blé (ou des lentilles) à germer dans une soucoupe sur du coton imbibé d'eau.
Le blé qui germe jusqu'au
25 décembre sera le signe prémonitoire d'une année à venir faite de bonnes récoltes et de bonheur. On dit en Provence: "Quand lou Blad vèn bèn, tout vèn bèn"."AIDER LES ENFANTS A MIEUX VIVRE L'HOPITAL" avec
l'association "LE BLE DE L'ESPÉRANCE" - MAGUY ROUBAUD
C'est une association 1901 de la région Provence Alpes Côte d'Azur. En Provence, vous trouverez pour 1 € un petit sachet de blé dans les boulangeries, dans nos boutiques et stands, ainsi que chez d'autres commerçants.
Cet argent servira à régler des factures de matériel ludique, éducatif ou médical,
dès leur mise en place dans les hôpitaux ou Centres pour Handicapés.
L'Association devenue une institution en région Provence Alpes Côte d'Azur.
la bûche de Noël
Le soir de Noël, alors que la table est dressée, la tradition veut que l'on choisisse une belle bûche (de chêne ou d'arbre fruitier) que le plus ancien de la maison, aidé du Caganis (le benjamin de la famille), apprète dans l'âtre afin qu'elle se consume jusqu'au nouvel an.
Cacho-fiò signifie "mettre le feu" en provençal.
Il est coutume en Provence de prononcer les phrases suivantes :
Diéu nous fague la gràci de vèire l'an que vèn,
Et se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens !
(Dieu nous fasse la grâce de voir l'an qui vient,
Et, si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.)
On peut sans doute retrouver dans cette tradition la bûche de Noël, fabriquée par le pâtissier un peu partout en France.
En attentant la messe de minuit, on prend le Gros Souper. Il doit être composé de sept plats maigres (essentiellement des légumes), en souvenir des sept douleurs de la Vierge.
La table est dressée sur 3 nappes blanches qui rappellent la Sainte Trinité.
On y dépose un couvert supplémentaire pour le pauvre, et le blé de la St Barbe trône au milieu des plats.
Le menu traditionnel est le suivant :
Soupe au Choux.
Céleri à l'anchoïade (la Bagna-Caudo).
ou salade de truffes et céleri
Escargots.
l'Aïgo Boulido (soupe a l'eau bouillie; ail, sauge, huile d'olive et pain).
Gratin de morue aux épinards.
Cardons à la sauce aux truffes ou en béchamel.
Fromages.
Pour conclure viennent les 13 desserts.
1911 : naissance le 17 juillet de Marcel Carbonel
1923 : Mort accidentelle du père de Marcel. Ce dernier quitte les Beaux Arts pour apprendre un métier, la lithographie. Il passe chaque soir plusieurs heures à décorer des santons pour une santonnière.
1935 : Marcel Carbonel crée ses premiers santons.
1938 : 1er prix au Concours des plus belles parures de France.
1942 : Il s'installe avec sa femme Clotilde dans un local rue Fort-Notre-Dame à Marseille (joliment appelée le pigeonnier, car la montée de l'escalier en était périlleuse) accompagné d'un mouleur et de deux décoratrices.
1945 : Marcel Carbonel, Médaille Militaire (participation à la libération de Marseille).
1947 : Il est élu président du syndicat des Santonniers (son mandat durera 21 ans).
1959 : Il fonde avec Jean Héritier le Salon International des Santonniers en Arles.
1961 : Marcel Carbonel, Meilleur Ouvrier de France.
1962 : Marcel Carbonel, Médaille du Mérite National
1973 : Les Ateliers Marcel Carbonel, Fourragère des Meilleurs Ouvriers de France à titre collectif.
1982 : Philippe Renoux obtient la médaille d'or à l'exposition régionale du concours du Meilleur Ouvrier de France.
1987 : Installation des Ateliers Marcel Carbonel au 47 de la rue Neuve Sainte Catherine.
1993 : Succession des Ateliers Marcel Carbonel assurée par Philippe Renoux.
1995 : La collection des santons des Ateliers Marcel Carbonel est riche de plus de 700 modèles différents. C'est la plus importante collection santonnière de Provence.
Un art lent, patient, passionné. Chaque année, la crèche naît et vit plus de deux mois . Dans cette tradition, la famille se ressource.
Début novembre, on sort des armoires les mystérieuses boîtes en carton. Les yeux des enfants brillent. Que la fête commence ! On aligne les santons, les accessoires, la végétation, les bâtisses. On dresse des plans, on projette des agrandissements, des innovations. Le lent et minutieux travail commence : achat de nouveaux santons, recherche du plus beau fond, balades campagnardes avec grand-père pour une récolte de mousses, de feuilles, de petits bouts de bois. Au fil des semaines, la crèche s'installe. Chaque jour on déplace les santons à la recherche du meilleur emplacement pour suggérer de véritables saynètes. Vient enfin le soir de Noël. Souper familial, retrouvailles, temps suspendu. A minuit, le petit Jésus est délicatement posé, par des mains d'enfants émues, entre le boeuf et l'âne gris : la crèche vit. Elle accompagnera la maisonnée jusqu'à l'Epiphanie. Jour après jour,
les Rois Mages avanceront des lointaines collines vers l'Enfant-Roi.
La crèche s'esquivera ensuite, retrouvant les armoires : un long sommeil l'accompagnera jusqu'à sa renaissance, celle du Noël prochain, déjà attendu. La crèche provençale est le fruit d'un itinéraire unique, mêlant au fil du temps, le profane au religieux. Il y eut les crèches, puis les crèches mécaniques auxquelles succéderont plus tard les crèches parlantes, interprétées par des marionnettes. Peu à peu ces dernières mirent en scène les villageois eux-mêmes. C'était le temps des "Pastorales".